AMPARAR. Serie 2-0-5
« Amparar » signifie protéger.
Cette œuvre est une invitation à prendre soin des enfants les plus défavorisés, à les comprendre, en leur dispensant une éducation. L’injustice que l’on vit sur tout le territoire colombien envers les enfants est grande.
Le conflit armé, dans les campagnes et dans la zone urbaine en Colombie, s’est acharné sur les enfants : recrutement, viols, spoliations de leurs terres et massacres familiaux ; ce sont des actions qui se perpétuent, dans un cercle vicieux. Les enfants qui survivent grandissent en traînant avec eux toute cette expérience et si certains peuvent finir comme des leaders qui protègent leur communauté, d’autres, dans le pire des scénarios, finissent psychologiquement malades, ou dévoués à la délinquance.
Comment les juger quand nous avons vu tout ce qu’ils ont souffert ? Rien ne se justifie. Leurs actions sont le produit de leur passé. Nous parlons de l’avenir d’un pays comme la Colombie, qui est décimée dans la vie, l’éducation, la culture et les droits. – En tant qu’artiste, j’ai eu l’occasion de travailler avec des enfants et, dans cette expérience, j’ai vécu différentes problématiques, comme la maltraitance des enfants, l’analphabétisme, des maladies, l’abandon et la méconnaissance de leurs droits; dans la ville de Cali et dans le département du Cauca. Tous ces facteurs m’ont incité à réaliser plusieurs projets en faveur de la défense des droits des enfants, en réalisant des processus de résilience et en les encourageant par d’autres voies et alternatives de vie, et surtout à travers les arts. C’est ainsi qu’est née l’œuvre « Amparar 2-0-5 » .
Cet œuvre, dessinée dans les techniques du graphite, du fusain et de la feuille d’or sur du papier et de la toile, témoigne et représente la réalité vécue par la majorité des enfants en Colombie. Des persécutions incessantes et des violences sexuelles de la part de divers groupes armés, dont l’armée colombienne. Je représente ces bourreaux et ces profanateurs en les couvrant en grande partie de feuille d’or que j’utilise pour faire allusion au sang versé, qui a pour but le pouvoir et l’ambition.
« Amparar 2-0-5 », contient 3 pièces, chacune ayant un numéro comme titre, sous forme de clé, où la première pièce s’appelle – 2 -, la deuxième – 0 – et la troisième – 5 -. Ils forment ensemble 2-0-5, qui est le numéro de l’un des articles pénals en Colombie, qui traite du délit d’abus sexuel et violent physiquement envers une personne, mineure ou non. Extrait du code pénal colombien :
{El Congreso de Colombia
DECRETA: Delitos contra la libertad, integridad y formación sexuales
CAPITULO I – De la violación
Artículo 1°. El artículo 205 del Código Penal (Ley 599 de 2000) quedará así:
“Artículo 205. Acceso carnal violento. El que realice acceso carnal con otra persona mediante violencia, incurrirá en prisión de doce (12) a veinte (20) años”.}
Selon la médecine légale colombienne et pour la période allant uniquement de janvier à mai 2020, 6’479 enfants ont été examinés pour infractions présumées d’abus sexuels. L’une des données, des plus choquantes et des plus tristes, est que 98 % de ces crimes restent impunis.



